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lundi 4 avril 2011

Les malheurs de Sophie – La Comtesse de Ségur

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En fouillant dans des cartons, je suis retombée en enfance et une soudaine envie de relire les livres de la Comtesse de Ségur m’est venue. J’ai du lire chacune de ses œuvres une dizaine de fois, d’ailleurs le tout premier livre que j’ai lu était celui-ci, Les Malheurs de Sophie.

Sophie a quatre ans, elle est pleine de défauts, elle s’emporte facilement, a tendance à mentir, vole occasionnellement, elle est gourmande et entêtée. Et forcément, elle fait beaucoup de bêtises, jamais méchante et toujours repentante, elle apprends de chacune.

J’avais des souvenirs très forts de ce livre qui a marqué mon enfance, mais je ne l’avais pas relu depuis au moins dix ans, le relire aujourd’hui avec mon regard adulte changé énormément les choses.
Ce livre montre l’éducation des jeunes enfants de l’époque (il a été publié en 1859), c’est une autre époque où les valeurs morales ont une importance capitale, l’obéissance, la patience, le travail, même une enfant de quatre ans doit apprendre tout cela et s’y résoudre, comme une adulte. En théorie cela semble normal, mais en lisant les aventures de Sophie, j’ai vraiment eu un choc. Les enfants que l’on croise aujourd’hui non pas cette éducation. Sans dire qu’ils sont méchants et mal-éduqués, ils n’ont juste pas cette maturité.
Je ne porte aucun jugement, je ne rentre pas dans le débat “vaut-il laisser un enfant vivre son enfance ou lui donner une éducation stricte”, ce genre de discussion ne mène à rien, surtout quand se sont des personnes comme moi, qui n’ont pas d’enfants, qui en discutent.
Je constate juste qu’il est assez étrange de lire un livre ou une enfant de quatre ans apprends à broder et passe ses journée à jouer dehors, alors que je suis entourée principalement d’enfants qui jouent à l’ordinateur.

Comme très souvent dans les livres du XIX ème, il y est fait mention de la religion, mais c’est assez rare ici, on nomme quelques fois que “le bon Dieu…” a fait ceci, mais rien de gênant. Je le précise car je suis laïque et qu’il m’est déjà arrivé d’abandonner un film ou un livre car le sujet de la religion (toutes religions confondues soyons clair) était trop souvent abordé, c’est un sujet qui me gène si je sens que l’œuvre tire vers la propagande pour un dieu.

Un mot sur le langage, absolument délicieux et désuet, mais j’adore ça ! Bien sûr les paroles des jeunes Sophie et Paul sont améliorés, car même à l’époque et avec leurs principes d’éducation, je ne pense pas qu’à quatre ans, on puisse ne faire aucune faute de grammaire ou de conjugaison en parlant. Mais même ce détails apporte un certain charme, j’aime beaucoup ce niveau de langue, très propre, très gentil, ou le terme “poltron” devient une insulte, j’adore !

Évidemment, les aventures d’une enfant de quatre ans et de son cousin de cinq ans n’ont rien de palpitantes, mais c’est agréable, un livre facile à lire, qui me font m’interroger sur l’éducation que j’aimerai donner à mes enfants (quand j’en aurai, donc pas demain!).
Une chose est sûr, je leur ferai lire les Malheurs de Sophie, mon premier livre, par nostalgie, et puis aussi pare qu’un peu de moral de fait de mal à personne !

Les petites filles modèles – La Comtesse de Ségur

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Mon voyage en enfance continue avec la suite des aventures de Sophie, et de ses amies, Camille et Madeleine de Fleurville.

Camille et Madeleine sont, comme le titre l’indique, des petites filles modèles.  Leurs rares défauts ne font que mettre encore plus en valeurs leurs qualités. Ces deux jeunes filles pourraient vite devenir agaçantes d’être trop parfaites mais elles sont si dépourvues de malices qu’il est juste impossible de ne pas les aimer. Sophie, la terrible, devient meilleure juste en étant à leur côtés, et je la comprends, être entouré par deux anges pareils, forcément on ne peut devenir qu’une meilleure personne !

Les aventures des jeunes filles de ce tome sont un peu plus mouvementée que dans les Malheurs de Sophie, les enfants ont grandi et leurs vie n’est pas toute rose. Ici, des thèmes un peu plus sombres seront abordés, comme la violence faite sur les enfants, le deuil ou la pauvreté.

Le ton est rendu léger par l’extrême bonté des deux sœurs, qui reste toujours optimiste et voient en chaque choses une chance de devenir meilleures.

Le thème principale est encore une fois l’éducation des enfants, mais ici, la Comtesse de Ségur ne cache pas son avis sur la question.
Les malheurs de Sophie était une jolie histoire, un roman, là, on entre dans le débat. Sous couvert de l’histoire des ces adorables jeunes filles, elle compare régulièrement plusieurs principes d’éducation et en donne les conséquences.
Par exemple, elle mentionne plusieurs histoire de jeunes filles (dont Sophie) jugées mauvaises ou faisant de mauvaises choses et qui pour punition reçoivent le fouet. À chaque fois, elle ne manque pas d’expliquer que l’enfant battu ne devient pas meilleur, et n’arrête pas de faire des bêtises à cause de la peur du fouet, mais par contre quand Mme de Fleurville punit Sophie pour la première fois, sans la battre, mais en l’enfermant seule dans une pièce le temps de réfléchir, alors Sophie comprend sa bêtise et se repend sincèrement.

Autant dans l’histoire, dans les personnages ou dans le ton, c’est un livre léger et tendre, il s’en dégage un sentiment d’amour très fort. On ne peut que s’attacher aux personnages et aujourd’hui encore, en le relisant j’aime toujours autant ce livre qui a bercé mon enfance.
La Comtesse pensait qu’être entouré d’amour est l’unique moyen de devenir une personne meilleure, et elle fait passer le message à travers son livre; une très jolie histoire, avec une belle morale.

Les vacances – La Comtesse de Ségur

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Suite et fin des aventures de Sophie, Camille, Madeleine et des autres. Des cousins de nos petites filles modèles les rejoignent pour les vacances. Dans ce dernier tome, on suit leurs deux mois de vacances, d’aventures et de retrouvailles.

Si les deux premiers tomes étaient clairement des contes moraux et quasiment des traités d’éducation, celui-ci est bien plus romancé.
Dans cette suite de leurs aventures, les présences masculines se font sentir. On ne joue plus à la poupée, on construit des cabanes; on ne cultive plus son potager, on joue à cache-cache des les bois.

Vous souvenez-vous de Paul, le compagnon et cousin de Sophie lors de ces malheurs ? Le premier livre s’achevait sur leurs départ en Amérique. Par la suite, la jeune fille n’a pas parlé de son retour et de leurs circonstances, mais en lisant les Vacances on découvre pourquoi et surtout comment elle est revenue. Paul en revenant, raconte lui aussi son histoire, assez mouvementée !

Un tome donc plus énergique, mais dont les personnages sont toujours aussi attachants, tous vertueux et cherchant à devenir encore meilleurs, qu’on m’explique comment ne pas les aimer ?

Toujours avec une solide morale à la fin de chaque histoire, les thèmes abordés ont énormément changés, ici il est question de courage, d’honneur et d’honnêteté, valeurs (pour les deux premières) complétement absentes des autres livres. On ne demande pas à une jeune fille de bonne famille d’être courageuse !

Peut-être est-ce la faute de tout ces garçon qui arrivent et monopolisent nos jeunes filles, parce que leurs histoires sont moins mignonnes, mais ce troisième et dernier tome m’a toujours moins plu que les précédents.

Je l’ai relu avec plaisir, mais c’était surtout par souci de le relire avec mon œil adulte, et il m’a beaucoup moins transportée que les deux autres.